Jules, mon baba mauricien
La vie douce à l'île Maurice est inextricablement liée à mon fils. Il est l'image de cette vie des îles, d'une enfance au contact de la nature et de la joie permanente.
Jules est né à Curepipe en janvier 2022, lors d'une intense et chaude nuit d'été. Il est donc à la fois mauricien et français, les deux par filiation.
À 3 ans, c'est un expert en végétation, surtout en bananiers. Pour lui, il est impensable d'acheter des bananes : « Ça pousse dans notre jardin. » Pendant longtemps, il n'acceptait que de manger des petites bananes (variété appelée etZenzli, celles qu'on retrouve dans les paniers de fruits tropicaux en France), décrétant que les variétés ordinaires n’étaient pas « bonnes » (il n’avait pas vraiment tort, les Zenzli étant délicieuses).
Il cueille aussi ses propres fruits de la passion, qu'il appelle « grenadine » ici, et les mange directement à la petite cuillère. Niveau piment, il est déjà à un niveau digne de la sauce 5 de Hot Ones.
Plus petit, il disait « seat seat », « nana » et « popom ». Autrement dit, il s'asseyait, mangeait et se promenait en créole. Il ne démêle pas quelque chose, il le « démaille ». Il ne fait pas du toboggan, mais de la « glissade ». Il ne demande pas un mouchoir, mais « un tissue ». Il dit « Ayooo » quinze fois par jour, et le son R n'est pas encore dans son répertoire.
L'océan est sa piscine. La plage, son jardin. Il fait ses meilleures siestes en bateau. Il vit au rythme du soleil (le réveil à 5h du matin, on connaît bien). Pendant les cyclones, il dort profondément (alors qu'il y a 110 % d'humidité).
Les tortues géantes, il les caresse pour qu'elles se lèvent. Il pêche et attrape les poissons et les crabes à main nue. Il nourrit les petits oiseaux aux couleurs incroyables.
En début d'année, il m'a dit que l'étoile de mer qu'il avait dans la main était tombée du ciel. J'ai trouvé ça trop mignon. Mais surtout, je me suis dit qu'il y a plus de 5 ans, alors qu'il n'était pas encore là, nous avions fait le meilleur choix pour lui et pour notre petite famille.
C'est la vie que je souhaite continuer à lui offrir : une vie sans stress quotidien, où on est vite en vacances le week-end et où il profite du multiculturalisme mauricien.
Chacun sa clé du bonheur, pour nous, elle a clairement la forme d'une étoile de mer tombée du ciel.
Ps : une petite baba des iles viendra compléter notre famille pendant l’hiver austral.










